Comment protéger sa peau par l’alimentation ?


Le vieillissement est, selon le Petit Robert, « le fait de devenir vieux ou de s’affaiblir par l’effet de l‘âge, processus physiologique normal que subit tout organisme vivant au cours de la dernière période de sa vie ». Le vieillissement de la peau est sans doute l’élément le plus visible de ce phénomène et devient ainsi un sujet de préoccupation majeur.

Physiologie cutanée

La peau possède de nombreuses fonctions physiologiques comme l’élimination de déchets, la conservation de l’eau, la régulation de la température corporelle. La peau représente bien plus qu’une simple enveloppe recouvrant notre corps, elle joue également un rôle social important1. Un aspect esthétique important de la peau concerne sa souplesse, son élasticité, ce qui nous amène à nous intéresser plus particulièrement au fondement de ses propriétés mécaniques.

 

Sur le plan structural, la peau est constituée de trois couches superposées, de la surface vers la profondeur du corps : l’épiderme, le derme et l’hypoderme ou tissu sous-cutané.


L’épiderme est constitué de 5 à 10 couches de cellules (les kératinocytes) en fortes interactions les unes avec les autres (via des structures spécialisées, les desmosomes). Cette structure lui confère une rigidité et une certaine élasticité. Les cellules les plus différenciées sur la couche externe (les cornéocytes) s’entourent d’un revêtement externe lipidique particulier et attribuent à l’épiderme une fonction de barrière vis-à-vis des agressions de l’environnement et limitent la perte d’eau. Ce ciment lipidique est important car il est un des facteurs majeurs impliqués dans la perméabilité du tissu cutané et par conséquent dans sa souplesse1 ;2.


Le derme est la partie la plus épaisse de la peau. C’est là que se situent les vaisseaux sanguins qui nourrissent la peau et les annexes cutanées (follicule pilaire, glandes sébacées et sudoripares). Le derme est formé de cellules, essentiellement des fibroblastes, et d’une matrice extracellulaire constituée de fibres de collagène, de fibres élastiques (élastine) et de substance interstitielle riche en glycosaminoglycanes produites par les fibroblastes. La nature et la quantité des composants de cette matrice confèrent au derme ses propriétés de tissu conjonctif, fibreux et élastique et sont à l’origine des modifications physiopathologiques les plus visibles du relief cutané.


Les propriétés mécaniques de la peau dépendent donc du bon fonctionnement du derme et de l’épiderme. Ces derniers ont besoin d’un apport nutritif adapté pour assurer, respectivement, la synthèse de la matrice extracellulaire et du ciment cornéocytaire. La modification de la composition qualitative et/ou quantitative de ces structures peut aboutir à une altération des propriétés visco-élastiques de la peau plus ou moins visibles.

Facteurs de vieillissement cutané

Parmi les facteurs susceptibles d’affecter la composition de la matrice extracellulaire ou du ciment cornéocytaire, on retrouve des facteurs environnementaux comme le froid, l’alimentation, les UV qui peuvent agir directement sur les lipides ou les protéines ou bien indirectement par le biais du stress oxydant tout comme la pollution3. Il existe aussi des facteurs intrinsèques comme le vieillissement, les modifications hormonales et la génétique.


Chez la femme, les glandes sébacées et sudoripares impliquées dans l’hydratation et l’élasticité de la peau sont sous le contrôle des hormones sexuelles féminines, les œstrogènes. La carence en estrogènes survenant à la ménopause peut donc accélérer le vieillissement cutané. Par ailleurs, on sait qu’avec l’âge, les productions de matrice et de lipides cutanés diminuent, les radicaux libres altèrent ces molécules et sont impliqués à la fois leur dégradation et la réduction de leur synthèse4 ;5.

Comment protéger sa peau par l’alimentation

L’équilibre et la santé de la peau passent par une protection vis-à-vis des agressions extérieures et par un apport nutritif adapté.

Penser aux huiles riches en GLA : l’huile de bourrache

Le ciment lipidique cornéocytaire de l’épiderme joue un rôle important dans la souplesse et l’élasticité de la peau. Parmi les lipides qui le composent, on retrouve de manière prédominante des acides gras essentiels de la famille n-6 sous forme libre ou dans les céramides, le plus répandu étant l’acide linoléique. Dans les peaux sèches pathologiques, il y a déficience en acides gras de la série n-6 et plus précisément chez les sujets présentant une ichtyose vulgaire, le taux cutané en DGLA, métabolite du GLA, est plus faible vis-à-vis de sujets témoins ou souffrant d’acné ou de psoriasis6 ;7. L’absorption, dans la nourriture, de certaines huiles contenant des acides gras essentiels, comme l’acide gamma-linoléique (GLA), est indispensable au bon état de la peau8. Une carence alimentaire en acides gras polyinsaturés essentiels n-6 (comme l’acide linoléique précurseur du GLA) entraine notamment une desquamation anormale et une augmentation de la perméabilité cutanée et par conséquent une altération de ses propriétés mécaniques.


L’huile de bourrache, riche en GLA, paraît donc intéressante pour apporter un acide gras essentiel qui participe à la constitution de la barrière épidermique9. En effet, au niveau cutané, différentes études de supplémentation chez l’homme ou chez l’animal, par des huiles végétales riches GLA, ont établi que l’apport exogène de GLA compensait les déficiences en cet acide gras et que l’on pouvait ainsi augmenter au niveau du derme le taux de son métabolite direct le DGLA10 ;11. Ainsi, on a pu montrer que l’administration orale d’huile de bourrache pendant 2 mois chez des sujets âgés améliore la barrière cutanée par baisse de 10% environ de la perte d’eau trans-épidermique7. Une étude plus récente a, quant à elle, montré que l’ingestion d’huile de bourrache pendant 3 mois, chez des femmes âgées de 18 à 65 ans, améliore l’hydratation cutanée, améliore de 10% la perte d’eau trans-épidermique et ce dès 2 mois et demi8.

Le zinc

Le zinc, est un élément de la SOD (superoxide dismutase, enzyme de la défense antioxydante) à cuivre et zinc et module l’activité de protéines qui interviennent dans l’association de composants de la matrice extracellulaire. Il participe à ce titre à la protection antioxydante de la peau ainsi qu’à la synthèse de collagène et élastine. C’est un élément primordial pour l’intégrité de la peau, par son action trophique indispensable dans les phénomènes de cicatrisation et de régénération.

 

Le zinc est présent au niveau cutané (6 % du zinc corporel se trouvent principalement au niveau de l’épiderme) et de très nombreux troubles physiologiques, notamment cutanés, sont associés aux déficiences en zinc (faiblesse d’apport, malabsorption, dysfonctionnements métaboliques) : dermatite séborrhéique, acné, eczéma, kératite, sécheresse cutanée et du cuir chevelu. La plupart de ces affections cutanées se résorbent lorsque l’on comble les déficits en zinc. Les problèmes de peau (type psoriasis) entraînant une desquamation accrue participent à une augmentation de la perte en zinc. Physiologiquement, il semble exister une diminution de l’absorption du zinc avec l’âge ainsi qu’une adaptation plus faible de la muqueuse intestinale aux faibles apports en zinc. De plus, il existerait une modification du transport plasmatique et une diminution de la captation tissulaire.11

Le sélénium

Les recherches menées dans les années 60-70 ont montré que le sélénium était un composant indispensable au bon fonctionnement cellulaire. L’intérêt du sélénium au niveau cutané est plus récent. Le sélénium participe à la stabilisation des structures épidermiques et possède des propriétés antioxydantes.

Dossier réalisé en collaboration avec Anne LEBLANC - Chef de Projet Recherche PiLeJe (PhD) - Juin 2013

1. Melissopoulos A, Levacher C. La peau. Structure et Physiologie. 2001.
2. Agache P. Physiologie de la peau et explorations fonctionnelles cutanées. Paris : EMI, 2000.
3. Boisnic S, Branchet MC. Vieillissement cutané environnemental. EMC-Dermatologie Cosmétologie 2005 ;2:242-7.
4. Jenkins G. Molecular mechanisms of skin ageing. Mech Ageing Dev 2002 ;123:801-10.
5. Rittie L, Fisher GJ. UV-light-induced signal cascades and skin aging. Ageing Res Rev 2002 ;1:705-20.
6. Platon JF. Les lipides en cosmétologie. Oléagineux, Corps Gras, Lipides 1997 ;4:275-81.
7. Grattan C, Burton JL, Manku M, Stewart C, Horrobin DF. Essential-fatty-acid metabolites in plasma phospholipids in patients with ichthyosis vulgaris, acne vulgaris and psoriasis. Clin Exp Dermatol 1990 ;15:174-6.
8. Horrobin DF. Fatty acid metabolism in health and disease : the role of delta-6-desaturase. Am J Clin Nutr 1993 ;57:732S-6S.
9. Luzzan A, Helme JP, Klein JM. Fatty acid composition and quality data for oils rich in GLA. Revue Française des Corps Gras 1992 ;11-12:339-43.
10. Schäfer L, Kragballe K. Supplementation with evening primrose oil in atopic dermatittis : effect of fatty acids in neutrophils and epidermis. Lipids 1991 ;26:557-60.
11. Miller CC, Ziboh VA. Gammalinolenic acid-enriched diet alters cutaneous eicosanoids. Biochem Biophys Res Commun 1988 ;154:967-74.

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