3 questions à Isabelle Guinobert, Chargée de Recherche (PiLeJe)


Comment le sommeil influence-t-il le processus de mémorisation ?

Le sommeil est important dans la mémorisation pour deux raisons :


- D’une part, il joue un rôle actif dans le processus de mémorisation, plus précisément, il facilite la consolidation de la mémoire déclarative (information que l’on peut verbaliser) et procédurale (habiletés motrices). A l’heure actuelle, on pense qu’il permet de renforcer les apprentissages car les neurones activés durant cette phase sont de nouveau actifs pendant le sommeil et favorisent le passage des informations d’une région de stockage temporaire (hippocampe) vers une zone de stockage à plus long terme (cortex). De plus, le sommeil permettrait aussi soit d’accroître les capacités de mémorisation en maintenant ou éliminant des connexions entre neurones selon leur niveau d’activité diurne.


- D’autre part, le sommeil permet à l’organisme de récupérer des efforts réalisés durant la journée. La réalisation de tâches mentales extrêmement difficiles (sollicitant principalement un traitement de l’information) ou de longue durée, génère une fatigue intellectuelle. Cette dernière se manifeste notamment par une altération des performances cognitives et comportementales : une fatigabilité pendant la réalisation de tâches cognitives, une baisse de la vigilance, de l’attention, de certaines formes de mémoire, une réduction de la motivation ou encore de l’irritabilité.

Les nouvelles technologies (Internet) ont-elles un impact sur notre mémoire ?

L’utilisation fréquente des nouvelles technologies, et plus particulièrement l’utilisation d’Internet, suscite de nombreuses interrogations quant à leur impact sur le fonctionnement cérébral. Une étude réalisée en 2011 a cherché à savoir si l’existence d’un moteur de recherche modifiait la manière dont nous utilisons notre mémoire. Les résultats ont montré que face à une question complexe, les sujets privilégient l’interrogation d’un moteur de recherche plutôt que la sollicitation de leur propre mémoire. De plus, les sujets retiennent avec précision l’endroit où est stocké l’information mais pas l’information en elle-même. Les résultats de cette étude témoignent donc d’une adaptation de notre cerveau sur la manière de mémoriser des informations, toujours plus nombreuses et faciles d’accès. Internet constitue en quelque sorte un lieu de stockage externe des données et le cerveau privilégie la mémorisation du chemin d’accès plutôt que le stockage du contenu de l’information consultée1.

La mémoire est-elle une caractéristique propre au cerveau ?

Le cerveau n’est pas le seul organe à être doté d’une mémoire, le système immunitaire en possède également une ! Cette mémoire lui permet de se souvenir d’un précédent contact avec un agent infectieux afin de répondre rapidement et efficacement à une exposition future à ce même agent2. Le principe de vaccination repose sur cette mémoire immunitaire3. Plus récemment, des chercheurs ont mis en évidence que des cellules appartenant au système endocrinien étaient elles aussi dotées d’une forme de mémoire4. Ils ont étudié le phénomène de lactation chez la souris et ont montré que les cellules responsables de la production de prolactine (hormone libérée au niveau du cerveau et qui stimule les glandes mammaires) s’organisent en réseau lors du premier allaitement. L’observation surprenante de cette étude est, qu’après le sevrage, ce réseau persiste et est encore plus performant pour stimuler les glandes mammaires lors de l’allaitement d’une seconde portée.

 

 
1. Sparrow B, Liu J, Wegner DM. Google effects on memory : cognitive consequences of having information at our fingertips. Science 2011 ;333:776-8.
2. DeFranco AL, Locksley RM, Robertson M, Cunin R, Masson PL. Immunité : la réponse immunitaire dans les maladies infectieuses et inflammatoires. De Boeck Supérieur, 2009.
3. Roitt I, Rabson A. Immunologie médicale. L’essentiel. Maloine, 2002.
4. Hodson DJ, Schaeffer M, Romano N et al. Existence of long-lasting experience-dependent plasticity in endocrine cell networks. Nat Commun 2012 ;3:605.

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