3 questions à Isabelle Guinobert, Chargée de Recherche PiLeJe


Sommes-nous tous égaux face au stress ?

La perception et la réponse face à un stress sont très variables d’un individu à l’autre. Une des pistes pour expliquer cette variabilité est un dysfonctionnement de la voie sérotoninergique qui augmente la vulnérabilité au stress1. La sérotonine est impliquée dans de nombreuses fonctions (régulation de la prise alimentaire, du sommeil, de l’humeur…) qu’elle freine le plus souvent, et est importante dans la capacité d’adaptation au stress2 ;3. Ce dysfonctionnement peut s’expliquer d’une part par l’effet d’un stress prolongé qui épuise les réserves en sérotonine du cerveau qui ont permis jusque-là de gérer le stress4, et d’autre part, le cortisol diminue le tryptophane sanguin disponible pour la synthèse de sérotonine. Le tryptophane est un acide aminé que l’on trouve dans l’alimentation et il est le précurseur de la sérotonine. Des expériences menées chez l’homme ont montré qu’un régime sans tryptophane est un facteur important dans la survenue et le développement de troubles de l’humeur et du sommeil notamment chez des sujets vulnérables au stress5 ;6.

Quels sont les conseils pour limiter son stress ?

D’un individu à l’autre la perception et la réponse à un facteur de stress peut être complètement différente. Il en est de même pour les moyens de lutter contre le stress. Toutefois, certaines recommandations peuvent s’appliquer à un grand nombre de personnes stressées :


• Eliminer ou réduire la source de stress, éviter les sources de stress inutile

• Gérer son stress : prendre conscience de la manière dont on raisonne et développer d’autres stratégies, communiquer avec les autres (soutien social), apprendre à avoir du recul, se détendre (yoga, sophrologie…), mettre des limites, gérer son temps

• Avoir une bonne hygiène de vie : respecter son rythme de sommeil, manger à heure fixe, faire de l’exercice, prendre du temps pour soi, réduire la consommation de stimulants (café, tabac…)

• Se faire plaisir : pratiquer ses passe-temps favoris…

Difficultés à s’endormir, nuits agitées… Le stress peut-il perturber la qualité et la durée du sommeil ?

Le stress est un des principaux facteurs pouvant influencer le sommeil. Par exemple « l’insomnie d’ajustement » est liée à un stress identifiable auquel le sujet va devoir s’adapter. Dans ce cas-là, ce stress peut être de différentes natures : familial, social, physique, environnemental… Ce type d’insomnie est de courte durée. Il se traduit par une augmentation de la durée d’endormissement, des éveils au cours de la nuit et une durée de sommeil raccourcie.

 

1.Cowen PJ. Serotonin and depression : pathophysiological mechanism or marketing myth ? Trends Pharmacol Sci. 2008 ;29:433-436.

2.Lucki I. The spectrum of behaviors influenced by serotonin. Biol Psychiatry. 1998 ;44:151-162.

3. Servant D, Parquet PJ. Stress, anxiété et pathologies médicales. 1995 ; Masson.

4.Takeda E, Terao J, Nakaya Y et al. Stress control and human nutrition. J Med Invest. 2004 ;51:139-145.

5.Silber BY, Schmitt JA. Effects of tryptophan loading on human cognition, mood, and sleep. Neurosci Biobehav Rev. 2009.

 6. Markus CR. Dietary Amino Acids and Brain Serotonin Function ; Implications for Stress-Related Affective Changes. Neuromolecular Med. 2008.

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