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Le syndrome prémenstruel : quand les hormones s’affolent
Le cycle menstruel, un évènement qui ponctue la vie des femmes, souvent associé à divers changements comportementaux et psychologiques…
Qu’est-ce que le syndrome prémenstruel ?
Le syndrome prémenstruel (ou SPM) est un terme utilisé pour désigner un ensemble de modifications physiques et psychologiques qui débutent avant le début des règles et qui cessent en même temps que, ou peu après, l’arrivée de celles-ci. Le SPM est déclaré s’il se produit pendant plusieurs cycles consécutifs1. Environ 80 % des femmes ont des troubles liés au cycle menstruel.
Quelle est son origine ?
Son origine est multifactorielle mais sa véritable origine reste encore inconnue. La recherche dans le domaine propose certaines hypothèses :
-L’implication des hormones : on a longtemps pensé que la seule cause était un déséquilibre entre les hormones sexuelles progestérone et œstrogènes. Ce phénomène peut-être accentué par un déséquilibre de la production de molécules appelées prostaglandines 1 et 2. Ces molécules sont fabriquées à partir des acides gras polyinsaturés oméga 6 et leur synthèse non-équilibrée provoque une diminution de la production de progestérone par l’ovaire, à l’origine des tensions mammaires et des gonflements par rétention d’eau.
-L’implication des neurotransmetteurs : le SPM serait associé à des troubles du métabolisme de la sérotonine (molécule impliquée dans les troubles de l’humeur, du sommeil et une attirance excessive pour le sucré). Cette implication de la sérotonine et du GABA, un autre neurotransmetteur, sont des pistes intéressantes pour expliquer la survenue du SPM2.
- Les facteurs génétiques : une plus grande sensibilité aux variations hormonales ou aux neurotransmetteurs est souvent retrouvée chez des femmes présentant un SPM2.
-Les facteurs alimentaires : plusieurs facteurs alimentaires pourraient favoriser la survenue de ce SPM et seraient liés à un défaut de certains éléments nutritifs : calcium, magnésium, manganèse, vitamines B, vitamine E et acide linoléique3 ;4, d’une alimentation fortement sucrée5. Les femmes qui consomment de grandes quantités de boissons caféinées présentent un SPM plus sévère6, l’abus d’alcool : intervient dans la sévérité et la fréquence de la symptomatologie prémenstruelle7.
-Les facteurs psychosociaux : ces facteurs peuvent aussi contribuer aux symptômes prémenstruels et sont plus marqués vers les 30-40 ans où les influences "stresseurs extérieurs" sont parfois plus importants (mariage, divorce…)8.
-Les signes physiques : les signes physiques sont dominés par les manifestations congestives et œdémateuses pouvant toucher différents territoires (douleur au niveau de la poitrine, ballonnement abdominal, extrémités bouffies, prise de poids, jambes lourdes). Il peut également avoir des vertiges et surtout des céphalées pré-menstruelles. D’autres signes tels que l’acné et des cystites peuvent également survenir.
-Les signes neuropsychiques : l’autre volet caractéristique du SPM est constitué par les manifestations psychiques également très variables allant de banals changements d’humeur aux troubles psychocomportementaux graves. La plupart des femmes observent de discrètes variations de l’humeur au cours de leur cycle et on remarque que c’est en période péri-ovulatoire que sont maximales les sensations de bien être. A l’inverse, anxiété et agressivité augmentent jusqu’aux règles. Le mode d’expression des troubles de l’humeur est variable. Le plus fréquent est la nervosité, l’irritabilité voire l’agressivité. Les manifestations dépressives sont également fréquentes (pessimisme, tristesse, pleurs, idées noires), tout comme la labilité émotionnelle (émotivité exagérée et sautes d’humeur, fatigabilité, le manque d’énergie et les difficultés de concentration)
Tous ces signes disparaissent à l’arrivée des règles.
Comment y remédier avec la Micronutrition ?
- Renforcer les apports en magnésium (fruits secs, eaux riches en magnésium…) et en vitamines B
- Renforcer les apports en tryptophane, précurseur de la sérotonine (œufs, produits laitiers, poisson…)
- Combler le déficit en PGE1 (molécule issue des acides gras polyinsaturés oméga 6) par un apport en huile d’onagre et/ou de bourrache.
Dossier réalisé en collaboration avec Amandine Brochot, Docteur en Biologie
1. Vago, K. (1995) Vaincre le syndrome prémenstruel. En plein forme 28 jours sur 28. Albin Michel.
2. Cunningham, J., Yonkers, K. A., O’Brien, S. & Eriksson, E. (2009) Update on research and treatment of premenstrual dysphoric disorder. Harv. Rev Psychiatry 17 : 120-137.
3. Chuong, C. J. ; Dawson, E. B. Critical evaluation of nutritional factors in the pathophysiology and treatment of premenstrual syndrome. Clin Obstet. Gynecol. 1992, 35 (3), 679-692.
4. Penland, J. G. ; Johnson, P. E. Dietary calcium and manganese effects on menstrual cycle symptoms. Am J Obstet. Gynecol. 1993, 168 (5), 1417-1423.
5. Rossignol, A. M. ; Bonnlander, H. Prevalence and severity of the premenstrual syndrome. Effects of foods and beverages that are sweet or high in sugar content. J Reprod Med 1991, 36 (2), 131-136.
6. Rossignol, A. M. ; Bonnlander, H. Caffeine-containing beverages, total fluid consumption, and premenstrual syndrome. Am J Public Health 1990, 80 (9), 1106-1110.
7.Halliday, A. ; Bush, B. ; Cleary, P. ; Aronson, M. ; Delbanco, T. Alcohol abuse in women seeking gynecologic care. Obstet. Gynecol. 1986, 68 (3), 322-326.
8.Woods, N. F. ; Most, A. ; Longenecker, G. D. Major life events, daily stressors, and perimenstrual symptoms. Nurs. Res 1985, 34 (5), 263-267.










































