Le syndrome prémenstruel : quand les hormones s’affolent


Le cycle menstruel, un évènement qui ponctue la vie des femmes, est souvent associé à divers changements comportementaux et psychologiques…

Qu’est-ce que le syndrome prémenstruel ?

Le syndrome prémenstruel (ou SPM) est un terme utilisé pour désigner un ensemble de modifications physiques et psychologiques qui débutent avant le début des règles et qui cessent en même temps que, ou peu après, l’arrivée de celles-ci. Le SPM est déclaré s’il se produit pendant plusieurs cycles consécutifs1. Environ 80% des femmes ont des troubles liés au cycle menstruel et 40% présentent un SPM.

Quels en sont les signes ?

Les signes physiques sont dominés par les manifestations congestives et œdémateuses pouvant toucher différents territoires (douleur au niveau de la poitrine, ballonnement abdominal, extrémités bouffies, prise de poids, jambes lourdes). Il peut également y avoir des vertiges et surtout des céphalées pré-menstruelles. D’autres signes tels que l’acné et des cystites peuvent aussi survenir.

Les signes neuropsychiques, l’autre volet caractéristique du SPM, sont très variables allant de banals changements d’humeur à de graves troubles psycho-comportementaux. La plupart des femmes observent de discrètes variations de l’humeur au cours de leur cycle et on remarque que c’est en période péri-ovulatoire que les sensations de bien-être sont maximales. A l’inverse, les troubles de l’humeur tels que nervosité, irritabilité voire agressivité augmentent jusqu’aux règles. Les manifestations dépressives sont également fréquentes (pessimisme, tristesse, pleurs, idées noires), tout comme la labilité émotionnelle (émotivité exagérée et sautes d’humeur, fatigabilité, manque d’énergie et difficultés de concentration).

Quelle est son origine ?

Plusieurs facteurs pourraient contribuer à l’apparition d’un SPM. 

Implication des hormones, principalement progestérone et œstrogènes mais d’autres molécules appelées prostaglandines E1 et E2. Ces molécules sont fabriquées à partir des acides gras polyinsaturés oméga 6 et leur synthèse non-équilibrée provoque une diminution de la production de progestérone par l’ovaire, à l’origine des tensions mammaires et des gonflements par rétention d’eau.

Implication des neurotransmetteurs : le SPM serait associé à des troubles du métabolisme de la sérotonine (molécule impliquée dans les troubles de l’humeur, du sommeil et une attirance excessive pour le sucré) et du GABA.

Les facteurs génétiques : une plus grande sensibilité aux variations hormonales ou aux neurotransmetteurs est souvent retrouvée chez des femmes présentant un SPM2.

Existe-t-il des facteurs aggravants ?

Les facteurs alimentaires : un défaut de certains éléments nutritifs : calcium, magnésium, manganèse, vitamines B, vitamine E et acide linolénique3 ;4, une alimentation fortement sucrée5, une consommation excessive de boissons caféinées6 ou d’alcool7 pourraient être des facteurs aggravants de la symptomatologie prémenstruelle. Par ailleurs, des données récentes mettent en évidence un lien entre gravité du SPM et comportements alimentaires. En effet, les femmes présentant un SPM seraient plus sujettes aux grignotages, présenteraient une appétence pour les sucreries et un apport énergétique accru pouvant conduire à une prise de poids sur le long terme. Ceci pourrait être corrigé par une prise en charge diététique adaptée.

Les facteurs psychosociaux : ces facteurs peuvent aussi contribuer aux symptômes prémenstruels et sont plus marqués vers les 30-40 ans où les influences des "stresseurs extérieurs" sont parfois plus importantes (mariage, divorce…)8.

Comment y remédier avec la Micronutrition ?

- Renforcer les apports en magnésium (fruits secs, eaux riches en magnésium…) et en vitamines B

- Renforcer les apports en tryptophane, précurseur de la sérotonine (œufs, produits laitiers, poisson…)

- Combler le déficit en PGE1 (molécule issue des acides gras polyinsaturés oméga 6) par un apport en huile d’onagre et/ou de bourrache.

Existe-t-il de nouvelles pistes en micronutrition ?

Le fer ?

Une étude9 publiée récemment, menée chez 3 000 femmes pendant 10 ans, a cherché à évaluer les liens entre apport de minéraux (par l’alimentation ou la supplémentation) et risque de syndrome prémenstruel. Chez les femmes consommant plus de 20 mg de fer par jour, le risque de souffrir de troubles précédant leurs règles (douleurs, migraines, stress...) est réduit de plus de 30%. Cependant, la nature du fer est importante puisque c’est principalement la consommation de fer d’origine végétale (fer non héminique apporté par les légumes) et non celui d’origine animale (fer héminique apporté par les viandes) qui est associée à un risque réduit de SPM. Les résultats de cette étude révèlent également un effet protecteur du zinc au-delà de 10 mg/j.

Il pourrait donc être intéressant pour les femmes sujettes aux SPM de privilégier les aliments riches en fer comme le cacao en poudre (10-12 mg/100g), la farine de soja (8-9 mg/100g), germes de blé, haricots blanc sec ou pistache (7-8 mg/100g)…

Les oméga 3 ?

Une étude pilote10 publiée récemment a évalué l’intérêt d’apporter une complémentation en oméga 3 (EPA et DHA) pour atténuer les signes du SPM. Les femmes participant à l’étude ont été invitées à consommer quotidiennement 2 g d’oméga 3 (ou d’un placebo) sous forme de complément alimentaire pendant 1 mois puis les 8 jours avant et les 2 jours suivant les règles les deux mois suivants. Les résultats montrent que la complémentation en oméga 3 a permis de réduire la sévérité des troubles liés au SPM par comparaison au placebo. Cette étude illustre encore une fois l’importance de veiller à ses apports en acides gras essentiels…

Dossier réalisé en collaboration avec Anne LEBLANC - Chef de Projet Recherche PiLeJe (PhD) - Juin 2013


1. Vago, K. (1995) Vaincre le syndrome prémenstruel. En plein forme 28 jours sur 28. Albin Michel.
2. Cunningham, J., Yonkers, K. A., O’Brien, S. & Eriksson, E. (2009) Update on research and treatment of premenstrual dysphoric disorder. Harv. Rev Psychiatry 17 : 120-137.
3. Chuong, C. J. ; Dawson, E. B. Critical evaluation of nutritional factors in the pathophysiology and treatment of premenstrual syndrome. Clin Obstet. Gynecol. 1992, 35 (3), 679-692.
4. Penland, J. G. ; Johnson, P. E. Dietary calcium and manganese effects on menstrual cycle symptoms. Am J Obstet. Gynecol. 1993, 168 (5), 1417-1423.
5. Rossignol, A. M. ; Bonnlander, H. Prevalence and severity of the premenstrual syndrome. Effects of foods and beverages that are sweet or high in sugar content. J Reprod Med 1991, 36 (2), 131-136.
6. Rossignol, A. M. ; Bonnlander, H. Caffeine-containing beverages, total fluid consumption, and premenstrual syndrome. Am J Public Health 1990, 80 (9), 1106-1110.
7.Halliday, A. ; Bush, B. ; Cleary, P. ; Aronson, M. ; Delbanco, T. Alcohol abuse in women seeking gynecologic care. Obstet. Gynecol. 1986, 68 (3), 322-326.
8. McNeil J, Doucet E. Possible factors for altered energy balance across the menstrual cycle : a closer look at the severity of PMS, reward driven behaviors and leptin variations. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2012 ;163:5-10.
9. Chocano-Bedoya PO, Manson JE, Hankinson SE et al. Intake of selected minerals and risk of premenstrual syndrome. Am J Epidemiol 2013 ;177:1118-27.
10. Sohrabi N, Kashanian M, Ghafoori SS, Malakouti SK. Evaluation of the effect of omega-3 fatty acids in the treatment of premenstrual syndrome : "A pilot trial". Complement Ther Med 2013 ;21:141-6.
  RAPPEL GRATUIT
Une question ? Besoin d'aide ? APPEL GRATUIT
  DOCUMENTATION
Demander une brochure
  ABONNEMENT
Pour recevoir la newsletter


Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour - www.mangerbouger.fr
Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière - www.mangerbouger.fr
Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé - www.mangerbouger.fr
Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas - www.mangerbouger.fr
Suivez-nous sur : Rejoignez-nous sur facebook