Quelle alimentation privilégier chez le futur père ?


L’alimentation est reconnue comme l’un des facteurs majeurs influençant autant la fertilité que la conception et le développement embryonnaire et fœtal. Globalement, l’ensemble des données suggère qu’un statut adéquat en certains micronutriments avant et pendant la grossesse permettrait de réduire le risque d’anomalies de fermeture du tube neural, de pré-éclampsie, d’accouchements prématurés, d’avortements spontanés mais aussi de pathologies futures chez les enfants (syndrome métabolique, diabète, obésité…)1,2.

Les micronutriments essentiels à privilégier pour le futur père :

Les minéraux ou oligo-éléments

Certains éléments traces ou minéraux ont un rôle particulier dans la santé reproductive masculine. Par exemple, le sélénium joue un rôle important dans la maturation du sperme3.
La concentration en zinc est plus élevée dans le plasma séminal en comparaison aux autres tissus. Il a un rôle important dans le développement testiculaire et dans les fonctions physiologiques du sperme. Les concentrations en zinc sont d’ailleurs plus faibles dans le sperme d’hommes infertiles que dans celui d’hommes fertiles4.
Où trouver du sélénium ?
Dans le thon cuit ou cru, les noix de St Jacques, le jaune d’œuf cuit, certains poissons cuits, les lentilles cuites, les rognons, le bœuf5
Où trouver du zinc ?
Dans les huîtres crues, le foie ou le veau cuits, le pain de seigle ou de froment, certains fromages (maroilles, morbier, vacherin, mont d’or), le bœuf, le thym sec ou encore le cacao5

Les antioxydants

Une des hypothèses physiologiques avancées pour expliquer le lien entre facteurs nutritionnels et qualité du sperme est la présence d’un stress oxydant dans le sperme6. En effet, un lien positif entre le pouvoir antioxydant du sperme et les paramètres du spermogramme a été mis en évidence7.
C’est pourquoi, il pourra être intéressant de renforcer son alimentation en fruits et légumes de saison, de préférence issus de l’agriculture biologique qui sont d’excellents pourvoyeurs de composés antixoydants8.

La nouvelle donne épigénétique

Au-delà de leur impact sur la fertilité, l’alimentation et l’hygiène de vie paternelles avant même la conception peuvent véritablement impacter le déroulement de la grossesse et la santé du futur enfant.
En effet, grâce aux découvertes de l’épigénétique, on sait désormais qu’une partie de notre capital santé se décide avant la naissance. C’est pendant cette période très précoce de la vie (depuis le désir d’enfant jusqu’à la fin de la grossesse) qu’est programmée l’installation de processus épigénétiques qui jouent un rôle sur le risque ou non de développer diverses pathologies à l’âge adulte.
Pour préciser, les processus épigénétiques ne modifient en rien le code génétique, mais ils vont modifier l’expression des gènes, notamment par un mécanisme particulier : la méthylation de l’ADN, c’est-à-dire l’adjonction de petites molécules, les méthyles, directement sur l’ADN.

Ces groupements méthyles fonctionnent comme des interrupteurs qui ont le pouvoir de mettre les gènes en mode off, c’est-à-dire de les empêcher de s’exprimer. L’expression ou la non-expression des gènes est susceptible de se transmettre d’une génération à l’autre.

Les groupements méthyles sont obtenus par des réactions biochimiques, nécessitant des donneurs de méthyle : il s’agit de protéines alimentaires riches en méthionine, d’aliments contenant de la bétaïne mais aussi des vitamines : folates (ou acide folique, ou vitamine B9), et vitamines B12, B6.
À cela s’ajoutent des « activateurs » : la vitamine B2, le zinc qui vont potentialiser la méthylation.

Il est donc conseillé d’intégrer, dès le désir d’enfant, des aliments sources de folates (poulet, céréales, jaune d’œuf cuit, cerfeuil frais, œuf de lompe, carpaccio de saumon5…), vitamine B12 (quiche lorraine, foie, rognon, bigorneaux, sardines, harengs, maquereaux5…) et vitamine B6 (foie, volaille, germe de blé, cacao en poudre, céréales, ail frais, banane5…).

 

Dossier réalisé en collaboration avec Anne Leblanc, Chef de projet Recherches (PiLeJe) - Septembre 2015

 

 

 

Références :
1. Durlach, J. (1999) Les besoins en magnésium : fréquence et formes cliniques d’une déficience modérée ou marginale. Chole-Doc 54.
2. Czeizel, A. E. (1993) Prevention of congenital abnormalities by periconceptional multivitamin supplementation. Bmj 306 : 1645-1648
3. Ahsan, U., Kamran, Z., Raza, I., Ahmad, S., Babar, W., Riaz, M. H. & Iqbal, Z. (2014) Role of selenium in male reproduction – a review. Anim Reprod Sci 146 : 55-62
4. Colagar, A. H., Marzony, E. T. & Chaichi, M. J. (2009) Zinc levels in seminal plasma are associated with sperm quality in fertile and infertile men. Nutr Res 29 : 82-88
5. Table Ciqual 2013 : https://pro.anses.fr/TableCIQUAL/index.htm
6 Faure, C., Dupont, C., Sermondade, N. & Lévy R (2011) Antioxydants et infertilité masculine. mt Médecine de la Reproduction, Gynécologie Endocrinologie 13 : 275-283.
7. Pahune, P. P., Choudhari, A. R. & Muley, P. A. (2013) The total antioxidant power of semen and its correlation with the fertility potential of human male subjects. J Clin Diagn. Res 7 : 991-995.
8. Aliments fonctionnels 2ème édition, Marcel B. Roberfroid, Véronique Coxam, Nathalie Delzenne, Editions Ted&Doc

 

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